Partager l'article ! Take Shelter de Jeff Nichols: Ce film raconte l'histoire de Curtis, responsable de chantier, homme marié et père d'une fillette sourde. Depuis ...
Ce film raconte l'histoire de Curtis, responsable de chantier, homme marié et père d'une fillette sourde. Depuis quelque temps le ciel l'inquiète le jour: des nuages menaçants se forment non loin de sa maison, de l'eau de pluie se transforme sous ses yeux en huile jaunâtre, les oiseaux mènent des danses inquiétantes. La nuit, il est la proie de cauchemars horribles: des hommes lui prennent sa fille et tente de l'étrangler, d'autres menacent d'attaquer sa maison. A chaque fois, il se réveille suffocant. Curtis pense alors qu'il devient fou, et que dans le même temps quelque chose de grave se profile à l'horizon. En nettoyant son jardin, il (re)découvre un ancien abri anti-tempête. Il décide alors de le restaurer, de l'agrandir et d'y stocker de la nourriture, le tout en contractant un emprunt sans en parler avec sa femme, Samantha. Samantha qui, quant à elle, se consacre à la future opération de sa fille et voit son mari sombrer peu à peu dans le silence.
Un film pas mal mais sans plus. Il a de grandes qualités: son scénario, sa réalisation (les scènes de cauchemars sont hallucinantes) et surtout le jeu de l'acteur interprétant Curtis, sorte d'homme monstre, harassé par ses visions et par son devoir d'y remédier. Mais il a aussi de gros défauts comme sa longueur (le rythme est lent et on s'ennuie quelque peu) et sa fin qui ne m'a pas convaincue et m'a donnée l'impression d'une pirouette finale bien inutile.
-- LN
Je suis globalement d'accord avec H. Le film vaut surtout pour sa réalisation, sa photographie (impeccable, avec un soupçon permanent de sur-réalisme très flippant, qui n'est pas sans rappeler Shyamalan à la bonne époque) et son propos du Zeitgeist actuel.
Mais, d'ailleurs, c'est sur ce dernier point que je suis plus déçu, à l'instar de H.: le film n'arrive pas à dire quelque chose là-dessus. L'hypothèse psychologique et héréditaire est passionnante; elle met au prise un individu avec un mal qu'il ne peut combattre, comme quelque chose d'inéluctable et dont les conséquences vont être encore aggravées par la société qui l'entoure qui ne peut supporter que quelqu'un ne soit pas normal. Mais le twist final rend caduque cette interprétation -- ou alors la pousse jusqu'à un paroxysme quelque peu nauséabond (la folie comme maladie contagieuse). L'hypothèse que seul lui est dans le vrai est tout aussi passionnante et un moment privilégiée, mais également détruite par le film lui-même. Au final, que reste-t-il? Pas grand chose. Que nous a dit ce film? On ne sait plus bien. Pourtant, de nombreuses scènes étaient de véritables réussites: les oiseaux, très hitchockiens, le pétage de plomb dans la salle des fêtes, une sorte de L'Homme qui murmurait... rencontre Shining. Mais tout s'évapore. Dommage. Cela aurait pu être un vrai chef d'oeuvre.
-- Mathieu
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