Partager l'article ! Polisse de Maïwenn: Le film suit le quotidien d'une BPM, Brigade de Protection des Mineurs, à Paris. La brigade se compose de plusieurs binôme ...
Le film suit le quotidien d'une BPM, Brigade de Protection des Mineurs, à Paris. La brigade se compose de plusieurs binômes: Nadine et Iris, deux agents en difficulté dans leur vie privée et qui trouvent en partie dans leur métier une assise pour tenir. Mathieu et Kris, binômes, amis et peut-être plus. Fred au grand coeur qui n'arrive pas à prendre du recul et s'investit avec passion dans le quotidien des victimes. Sue, la lesbienne du groupe, qui gère tant bien que mal les remarques salaces de ses collègues. Et Ballo qui doit gérer tout ce petit monde, ainsi qu'une femme en demande. Arrive dans cette brigade Melissa qui va les suivre et les photographier pour faire un livre plutôt artistique sur la brigade.
Je trouve ce film moyennement réussi. Il y a de très bonnes choses et d'autres plus ratées. La grande réussite du film tient dans ses personnages (et ceux qui les interprétent). On y croit, on les suit dans leur quotidien. Même s'ils sont très stéréotypés, très "choisis" pour représenter l'ensemble des personnels de ces brigades, la construction fonctionne plutôt bien. Il y a de très très belles scènes, je pense notamment à celle de cette jeune adolescente qui accouche d'un bébé mort et qui se cache sous ses draps car elle veut être tranquille.
Par contre, sur certaines scènes, assez nombreuses malheureusement, le film fait très fabriqué. Je pense à la scène de danse dans la boite de nuit où Iris nous fait du pole dancing, on y croit vachement. De même qu'on a du mal à croire que des enfants roumains qu'on vient juste de séparer de leur parents vont se mettre spontanément à danser dans le bus. Ça fait beau, mais pas très réel. De même la scène où notre Joey Starr nationale fait des câlins à un enfant qu'on vient de séparer de sa mère ( et propose que l'un des flics le prenne chez lui, ce qui parait illogique pour quelqu'un qui a un peu l'expérience du métier). De même la scène où Nora s'emporte contre un musulman traditionaliste en lui sortant le Coran et où la brigade se retrouve autour d'elle et lui propose, de façon très théâtrale, un café.
Et surtout le gros défaut du film tient dans sa superficialité: il enchaine les situations sans aller plus loin. Les enfants roumains sont envoyés en foyer sous une musique type colonie de vacances, j'aurais bien aimé voir ces mêmes enfants quelques semaines plus tard, après les premiers temps en foyer où la vie est loin d'être simple et joyeuse. Comme j'aurai bien aimé en savoir plus sur le "ménagez-le", ordre prononcé par un supérieur lorsqu'un homme incestueux ayant de hautes relations est amené dans leurs bureaux pour avoir, à plusieurs reprises (et sans jamais exprimer de remords), violé sa propre fille. Si cette superficialité s'explique par le fait que cette brigade enchaîne les affaires sans prendre le temps d'aller plus loin dans le suivi des victimes (ce qui est possible), alors ces agents doivent l'avoir intégré, et ne doivent plus se laisser aller à autant de démonstrations d'affect. Un foyer, ils savent ce que c'est, ils ne vont pas rigoler d'y envoyer des gosses.
-- LN
Je confirme tout ce que vient de dire H.: autant la galerie de personnages fonctionne, autant, pour ce faire, Maïwenn sacrifie la crédibilité des situations et n'aborde que superficiellement le quotidien des affaires. Deux reproches supplémentaires: le rôle de Maïween lui-même et l'histoire entre elle et Joey Starr (et son mari qui ne l'est pas): je n'aime pas (je ne supporte pas la manière complètement atone de jouer de Maïwenn) et surtout cela ne sert absolument à rien si ce n'est à perdre du temps et donc à éviter d'approfondir sur les dites affaires. Deuxième reproche: le chantage à l'émotion. Certaines scènes sont faciles: filmer un petit garçon qui hurle à la mort parce qu'on vient de le séparer de sa mère, alors que le film jouait d'une sorte de suspens là-dessus depuis plusieurs minutes, c'est facile. Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire, mais il y a manière de le faire. Et ajouté avec la superficialité de traitement des différentes affaires, on s'aperçoit que ce film est vraiment ce qu'il a été vendu: hype, mais anecdotique. J'ai eu sans arrêt l'impression que les critiques avaient aimé le sous-texte: Maïwenn qui se filme en train de prendre des photos, Maïwenn et Joey Starr, Joey Starr doux et affecteux (en lien avec ses propres affaires de violences), mais pas le film et ce qu'il nous montre (ou ne nous montre pas). Bilan, au final, malgré quelques très bonnes scènes, je n'ai pas aimé et je garde même une impression de colère contre ce produit (car c'est ce qu'il est).
-- Mathieu
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