Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 20:22

J'ai terminé la semaine dernière le deuxième Sherlock Holmes The Case of Four. Plus classique, à la fois dans l'intrigue (c'est un cas classique de room mystery: un crime a eu lieu dans une chambre fermée et Holmes va l'expliquer, il faut aider une jeune femme modeste quelque peu désemparée et dont Watson s'entiche aussitôt, donnant un enjeu plus grand à la résolution de l'énigme) et dans l'écriture. Néanmoins, toujours un plaisir quasiment coupable à lire ces oeuvres comme autant de témoignages de l'époque victorienne: Doyle décrit les différentes habitations du Londres de 1892 selon leur standing, Watson ne peut déclarer son amour pour l'héroïne si elle venait à retrouver le trésor qui lui est dû car elle accéderait alors à un niveau social supérieur au sien, les évocations de l'Empire (cette fois c'est le Joyau de l'Empire, l'Inde), de la révolte des Cipayes sont de véritables petites friandises dont je me délecte.

A présent, j'arrête un peu Holmes, le Sheldon victorien, pour... Pinocchio in Venice! Retrouvailles avec le génialissime roman par lequel j'ai découvert Robert Coover (lu en français alors, emprunté à la BU de Caen) que je lis, cette fois, en anglais. Et c'est un pur bonheur scatologique de jouissance verbale!

Par Mathieu - Publié dans : Littérature
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 20:02

Cette bande-dessinée s'ouvre par une sorte de préface d'un sociologue spécialiste des contes de fées et du folkore qui définit dans un texte poétique ce qu'est un conte de fées. La BD est en effet clairement un conte. Les personnages sont tous des archétypes tirés des contes et les auteurs nous livrent un conte original et souvent poétique.

Artémis est une jeune fille fascinée par la lune et par son petit frère qui lui-même est terrorisé par des cauchemars. Aussi est-elle inconsciente de l'intérêt qu'elle suscite chez Rufo, un garçon populaire et cruel, chef d'une bande de chenapans, comme chez Brindille, garçon solitaire qui parle aux animaux... Un soir, la rivalité des deux garçons pour les yeux d'Artémis provoquera un terrible accident qui verra la mort du petit frère par noyade dans un puits .

Des années plus tard, Artémis vit recluse dans une ferme, se reprochant toujours la mort de son frère. Brindille vit en ermite tandis que Rufo est devenu le puissant, riche et cruel seigneur local cherchant toujours vainement à séduire Artémis. Alors que le bal annuel du village approche, l'arrivée d'un mystérieux camelot errant va faire éclater le fragile équilibre et dénouer les noeuds qui enserrent ce village...

BD poétique, donc, un vrai conte original souligné par un dessin au trait gracieux et naïf... peut-être un peu trop forcé, justement: parfois, la poésie est tellement décrétée qu'elle ne passe pas. Pourtant le travail sur le noir et blanc, sur l'encre de chine est très joli et l'utilisation unique de la couleur -- rouge -- souligne évidemment le lien avec le petit chaperon... mais quel lien?


Car le plus grand reproche que je fais à cette bande dessinée est de proposer des personnages très stéréotypés, une structure suivant les topos du conte mais sans parvenir à les transcender ni à en livrer un plus. En discutant avec H. (qui n'est pas d'accord avec moi, cf. sa critique), je lui disais que pour moi, aujourd'hui, tout auteur de conte, se doit de prendre en compte (ah, ah) ce qui a précédé et d'apporter quelque chose. Si on compare cette BD avec "Le Labyrinthe de Pan," on s'aperçoit que Guillermo del Toro lui aussi nous livre un conte, mais il le met en parallèle avec la guerre civile espagnole; ce qui permet d'apporter une profondeur à son récit et avec la fin qu'il propose à son film, il nous donne en plus -- et c'est ce qui en fin la force -- une relecture entière du conte: les trois épreuves que doit subir Ophélia, les fées et monstres qu'elle rencontre, ne sont pas des protagonistes d'une quête destinée à lui rappeler qu'elle est une princesse cachée (conte classique), mais sont les manifestations d'un imaginaire qu'elle utilise pour pouvoir supporter son époque.

Or, dans "Le Signe de la lune," les auteurs avaient la possibilité de nous livrer pareil transcendance: en effet, le personnage du camelot ambulant est le véritable moteur de l'histoire, paré d'une aura féerique et mystérieuse. On apprend, alors qu'il va retrouver la vieille guérisseuse au moment où elle se meurt qu'il ne vieillit pas et qu'elle a refusé de lui suivre pour ne pas se voir vieillir par ses yeux alors que lui restait jeune. C'est donc une fée! Et rien de plus! Quel dommage, car ce camelot est celui qui précipite les évènements: c'est lui qui fait sortir Artémis de sa réclusion, c'est lui qui dit à Brindille ce qu'il devra faire le jour du bal et qui finalement amène le dénouement de l'histoire. Et on ne sait rien de plus. Je ne demande pas plus d'explications, je demande à voir plus: des pages (en couleur, par exemple, du vert) sur ce personnage, sur sa première arrivée dans le village, sur comment il a rencontré la vieille guérisseuse alors jeune, sur une histoire qu'il aurait déjà engendré, nous auraient permis de voir qu'il est le faiseur d'histoires qu'il colporte ensuite, distribuant objets magiques et merveilles pour que ces histoires puissent avoir lieu (ce qui est le cas avec le pendentif lunaire qui provoque tout, d'ailleurs).

Donc, un bonne BD, mais inachevée, pas assez creusée à mon goût et qui manque d'un point de vue sur les contes. Or, avec la préface, les personnages, je m'attendais à voir cela. Déception, de fait.

Par Mathieu - Publié dans : Bandes dessinées
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 19:48

Dimanche, nous sommes allés voir l'exposition sur la cité des Dieux, Teotihuacan.

Passons rapidement sur les questions pratiques: vingt minutes d'attente pour entrer dans l'exposition, un monde impressionant et ... des poussettes, parce que maintenant on vient en poussette avec enfants en bas âge et nourrissons pour voir les expositions. Un père de famille qui s'apprêtait à nourrir son bébé près de la statue du jaguar à l'entrée de l'expo a été prié de sortir. L'odeur de nourriture pour bébé est assez surprenante dans un lieu d'exposition.

Maintenant l'exposition en elle-même. Au centre de l'expo, il y avait une représentation au sol de la cité des Dieux avec les bâtiments qui ont été fouillés représentés par des blocs en carton. L'ensemble donne une assez bonne idée de la taille de la cité, ainsi que des questions concernant l'origine et la fonction des différents bâtiments. Pour faire simple, si les archéologues retrouvent dans leur grande majorité les différentes fonctions de la cité (religieuse, politique, économique), ils divergent sur les emplacements et les bâtiment qui y sont liés.

Une chronologie à l'entrée de l'exposition présente à la fois les civilisations maya, atzèques et celle de Teotihuacan et également notre chonologie antique (Egypte, Grèce, Rome) et médiévale. Et là premier choc, la civilisation Maya couvre l'équivalent de la Grèce antique à la Renaissance. On comprend rapidement que les distinctions époque antique / époque médiévale ne sont pas pertinentes pour ces civilisations.

Le reste de l'exposition se divise en différents "ateliers": l'urbanisme, les croyances, les guerriers, l'artisanat, l'art et enfin (et c'est ce qui m'a semblé le plus osbcur) la perception de la civilisation Teotihuacan dans les autres civilisations mésoaméricaines. L'influence Maya dans la poterie de la civilisation de Teotihuacan m'a un peu échappée.

J'ai appris quand même quelque noms de Dieu:

Le Dieu orage: Tlaloc reconnaissable à ses lunettes.
Le Dieu Feu: Huehueteotl, reconnaissable à son visage de vieux homme et à sa bouche édentée.
Le Dieu serpent: Quetzalcóatl, le plus connu et le plus facile à reconnaitre.
Un Dieu féminin que les archéologue eux -mêmes ont du mal à définir.

Une exposition intéressante, mais difficile à suivre en raison du nombre de visiteurs et de la difficulté du sujet.




Par LN - Publié dans : Musée, Expositions & Festival
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 19:28


Avec cette série, France 2 nous régale encore grâce à des dialogues savoureux qui sont sa plus grande force. Toutefois, cet épisode ressemble plus encore que les précédents à un téléfilm en partie à cause des décors. En effet, le parti pris de filmer dans des décors in situ (au Mans notamment) a visiblement gêné le réalisateur qui ne savait pas où poser sa caméra et se trouvait plus empêtré que s'il avait eu une plus grande liberté. Cela dit, la même constatation est valable pour les scène d'intérieur que j'ai trouvé mal fagotées.

Néanmoins, ne serait-ce que par l'intelligence du propos, la richesse de la langue du XVIIIe qui est peut-être pas fidèlement rendue mais qui tranche avec l'appauvrissement si coutumier des dialogues ternes des séries françaises, "Nicolas Le Floch" réhausse le niveau, évitant également l'écueil du syndrome "Plus belle la vie" dans lequel "Un Village français" est rapidement tombé. Du coup, on regarde, et on entend avec plaisir.

Par Mathieu - Publié dans : Série TV / Téléfilm
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 11:44

version12.jpg Tome 1: L'empire de Monsieur Joseph
Tome 2: Le vol noir des corbeaux

Histoire de Joseph Joanovici, petit ouvrier juif arrivé en France sans le sou et analphabète, devenu ferrailleur quelques années plus tard.  Avant guerre, il érige sa fortune en fournissant l'état français en métaux pour la construction de la Ligne Maginot et l'Allemagne en violant ainsi le traité de Versailles. En 1940 alors que l'Allemagne envahit la France, il songe à quitter le pays avec sa famille mais se ravise. Ses contacts d'avant guerre avec l'Allemagne lui permettent d'obtenir des contrats avec le Troisième Reich. Juif, il doit se faire un nouveau nom et de nouveau papier. Il en donnera d'ailleurs à ses proches. Mais pour échapper à la déportation, il devra se compromettre de plus en plus avec les nazis (et les collaborationnistes) qui se chargeront alors de le protéger. Le récit fait des va et vient entre les années 40 - où sont décrites les "affaires" de Monsieur Joseph - et les années d'après guerre où un juge obstiné veut le faire condamner, sans y parvenir parce que maintenant l'homme est protégé par la France.

 Une excellente bande dessinée sur un destin hors-normes.A la fois collaborateur et résistant, ce personnage jette un trouble dans nos vision très manichéennes de la France sous l'occupation. Bref on attend la suite avec impatience. Un prix à Blois devrait lui être décerné, j'en fais le pari.

Par LN - Publié dans : Bandes dessinées
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