Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 11:05

http://www.decitre.fr/gi/85/9782754802185FS.gifLe 29 octobre 1628, le vaisseau Batavia lève l'ancre dans le port d'Amsterdam. Sa destination: les Indes orientales (actuelle Indonésie) qui sont en train, progressivement, de passer sous la coupe de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, véritable multinationale du XVIIe siècle, l'un des fers de lance de ce capitalisme moderne au coeur de la première mondialisation.

A bord: 341 passagers dont 38 femmes et enfants et une troupe de soldats. Il s'agit de commercer mais aussi de coloniser. Parmi ces passagers, Jeronimus Cornelisz, 31 ans, apothicaire à Haarlem, Hollande, Provinces-Unies. Les raisons de sa présence à bord sont mal connues: escrimeur, ayant fréquenté le cercle des amis du peintre hérétique Torrentius qui choque la bonne société protestante d'Amsterdam, Jeronimus a perdu sa fille unique de la syphilis. Des rumeurs ont couru alors sur lui, sur sa fréquentation des bordels en compagnie de Torrentius où il aurait attrapé la maladie, sur sa femme, accusée d'être une dépravée, tandis que les deux époux accusent la nourrice de la lui avoir transmis par l'allaitement...

Toujours est-il que Jeronimus est à bord du Batavia. Bientôt, une sourde rivalité oppose Jeronimus à Pelsaert, le représentant de la VOC (acronyme désignant la Compagnie des Indes) et donc supérieur au capitaine car armateur du navire. Jeronimus se prend à parler ouvertement de ses conceptions hérétiques et espère séduire Lucretia, une ravissante femme éplorée qui est à bord pour rejoindre son mari dont elle n'a pas reçu de nouvelles depuis de longs mois...

Or, le puissant navire n'arrivera jamais à destination du port indonésien du même nom: il fait naufrage sur des récifs au large de l'Australie en 1629. Jeronimus exercera alors son ascendant sur les rescapés réfugiés sur les îles Albrohos au point d'établir une société sans loi ni morale où le règne de la force et l'exercice de sa volonté seront les seuls maîtres conduisant jusqu'à un véritable massacre dans une folie meurtrière. http://www.bdgest.com/images/news/news292-jeronimus(couv).jpg

Voilà la passionnante histoire (que j'ignorais totalement pour ma part) que Christophe Dabitch a choisi de scénariser. Pour la mettre en images, il a collaboré avec Jean-Denis Pendanx qui dessine ses planches en s'inspirant visiblement du style hollandais de l'époque. Ce duo s'est fait remarquer par sa précédente oeuvre, Abdallahi, primée à Blois.

Tous les ingrédients sont réunis pour en faire une épopée passionnante, récit au croisement des enjeux d'une époque tout aussi passionnante: la mondialisation capitaliste avec la Compagnie des Indes, les interrogations concommitantes sur Dieu, sa place, et celle de l'Homme et la figure de l'île, laboratoire de toutes les utopies (que l'on songe à Thomas More) et de toutes les déviances alors que la morale protestante, au milieu de l'océan Indien, s'évanouit...

Pourtant, et c'est là un grand regret pour moi, cette bande dessinée est globalement ratée. Pour deux raisons qui tiennent principalement au scénario: j'ai l'impression que Dabitch n'a pas réussi à se libérer de sa documentation: il cite beaucoup cette documentation et il ne parvient pas à nous raconter une histoire mais il passe par l'utilisation d'une sorte de voix off, un narrateur extérieur qui nous commente, par de multiples interrogations, les actions de Jeronimus. De fait, jamais l'auteur ne nous propose, n'osant pas peut-être, son analyse, sa vision de ces évènements. Les références l'ont écrasé, semble-t-il. http://www.futuropolis.fr/couv_G/724162.gifD'autre part, le découpage des trois tomes est bancal. Le tome 1 a lieu avant le départ puis juste après alors que le tome 2 continue de raconter le voyage et le naufrage vers la fin de l'album avant de commencer à raconter la vie des rescapés dans les toutes dernières planches. Le tome 3 commence par une courte ellipse pour nous révéler la suite de la vie des rescapés sur l'île quelques semaines plus tard. Ce découpage est extrêment problématique car cette histoire est structurée autour des deux moments-clés que sont le départ et le naufrage. Pourquoi ne pas avoir structuré le récit par rapport à ces moments? Un tome aurait pu être consacré à la vie de Jeronimus avant le départ, un tome au voyage jusqu'au naufrage et un tome à la vie après le naufrage.

Ces deux travers alourdissent le scénario qui perd en susbstance, en vie. En fait, à force de s'interroger en voix off sur ce que fait son personnage, Dabitch ne parvient pas à le faire vivre. Du coup, Pendanx nous livre de véritables "peintures" (ainsi qu'il le dit) mais sans véritable inspiration: que veut-il montrer en peignant le visage de Jeronimus en gros plans? Un homme du XVIIe siècle? Un fou? Un hérétique? Finalement, j'ai l'impression que les deux auteurs ne savaient pas exactement ce qu'ils voulaient dire avec cette histoire, et c'est bien dommage.

http://www.sceneario.com/Planche_bd_9713_JERONIMUS.jpg

Par Mathieu - Publié dans : Bandes dessinées
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 10:03

Paul W. S. Anderson (Speed, les Resident Evil) s’attaque au chef d’œuvre d’Alexandre Dumas en le mettant à la sauce steampunk si à la mode aujourd’hui. Et voilà ce que cela donne :

Notons tout d’abord tout ce qui ne marche pas dans le film : Mila Jojovich en Milady est affreusement poule-quiche, même au ralenti façon Matrix ; D’Artagnan est minet ; Louis XIII est débile ; Richelieu est stupide ; Rochefort tout autant ; Aramis ressemble trop à Orlando Bloom. Les décors sont soit de carton pâte ressemblant plus à une sorte de Germanialand style Dysney qu’au Paris du XVIIe siècle soit affreusement numériques.

Et pourtant, et pourtant : le film finit par emporter tant il ne se prend pas au sérieux ou, peut-être qu’il se prend au sérieux mais que le spectateur, devant tant d’outrances (des mousquetaires ninjas! des dirigeables avec des lance-flammes! une nuée de dirigeables!), peut alors le prendre comme il est : une sorte de grosse friandise quelque peu écœurante mais terriblement appétissante. Les combats à l’épée sont formidables. Vraiment. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas régalé à ce point, si ce n’est le combat final entre D’Artagnan et Rochefort qui finit en faisant pschiiiit.

Pour ma part, cela m’a donné des envies de Mage : The Sorcerer’s Crusade et lorsqu’un film éveille le geek en moi, hé bien cela signifie qu’il a emporté l’adhésion (Bon, maintenant, l’avertissement nécessaire : c’est quand même pas terrible, terrible).

http://3.bp.blogspot.com/-1OyO_7WPha0/Tp04xlJvJuI/AAAAAAAAAtQ/9AqzmsbPTh8/s1600/Les+trois+Mousquetaires+2011.jpg

-- Mathieu

Pour ma part, n'appréciant que très peu les films de capes et d'épées, j'avoue m'être profondément ennuyée. Je note au passage que Mathieu en admirateur de Philibert, ne pouvait qu'être séduit par ce film. La représentation de Paris m'a bien amusée: premières scènes, Paris n'est qu'un champ, seule l'île de la Cité est habitée. Et miracle dans les images suivantes de Paris, la ville s'est développée. Une ville qui se construit au fil du film, ça ne s'était jamais vu.

-- LN

Par Mathieu - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 09:27

Le film suit le quotidien d'une BPM, Brigade de Protection des Mineurs, à Paris. La brigade se compose de plusieurs binômes: Nadine et Iris, deux agents en difficulté dans leur vie privée et qui trouvent en partie dans leur métier une assise pour tenir. Mathieu et Kris, binômes, amis et peut-être plus. Fred au grand coeur qui n'arrive pas à prendre du recul et s'investit avec passion dans le quotidien des victimes. Sue, la lesbienne du groupe, qui gère tant bien que mal les remarques salaces de ses collègues. Et Ballo qui doit gérer tout ce petit monde, ainsi qu'une femme en demande. Arrive dans cette brigade Melissa qui va les suivre et les photographier pour faire un livre plutôt artistique sur la brigade.

Je trouve ce film moyennement réussi. Il y a de très bonnes choses et d'autres plus ratées. La grande réussite du film tient dans ses personnages (et ceux qui les interprétent). On y croit, on les suit dans leur quotidien. Même s'ils sont très stéréotypés, très "choisis" pour représenter l'ensemble des personnels de ces brigades, la construction fonctionne plutôt bien. Il y a de très très belles scènes, je pense notamment à celle de cette jeune adolescente qui accouche d'un bébé mort et qui se cache sous ses draps car elle veut être tranquille.

Par contre, sur certaines scènes, assez nombreuses malheureusement, le film fait très fabriqué. Je pense à la scène de danse dans la boite de nuit où Iris nous fait du pole dancing, on y croit vachement. De même qu'on a du mal à croire que des enfants roumains qu'on vient juste de séparer de leur parents vont se mettre spontanément à danser dans le bus. Ça fait beau, mais pas très réel. De même la scène où notre Joey Starr nationale fait des câlins à un enfant qu'on vient de séparer de sa mère ( et propose que l'un des flics le prenne chez lui, ce qui parait illogique pour quelqu'un qui a un peu l'expérience du métier). De même la scène où Nora s'emporte contre un musulman traditionaliste en lui sortant le Coran et où la brigade se retrouve autour d'elle et lui propose, de façon très théâtrale, un café.

Et surtout le gros défaut du film tient dans sa superficialité: il enchaine les situations sans aller plus loin. Les enfants roumains sont envoyés en foyer sous une musique type colonie de vacances, j'aurais bien aimé voir ces mêmes enfants quelques semaines plus tard, après les premiers temps en foyer où la vie est loin d'être simple et joyeuse. Comme j'aurai bien aimé en savoir plus sur le "ménagez-le", ordre prononcé par un supérieur lorsqu'un homme incestueux ayant de hautes relations est amené dans leurs bureaux pour avoir, à plusieurs reprises (et sans jamais exprimer de remords), violé sa propre fille. Si cette superficialité s'explique par le fait que cette brigade enchaîne les affaires sans prendre le temps d'aller plus loin dans le suivi des victimes (ce qui est possible), alors ces agents doivent l'avoir intégré, et ne doivent plus se laisser aller à autant de démonstrations d'affect. Un foyer, ils savent ce que c'est, ils ne vont pas rigoler d'y envoyer des gosses.

-- LN

http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2011/05/Polisse-Affiche-1.jpg

Je confirme tout ce que vient de dire H.: autant la galerie de personnages fonctionne, autant, pour ce faire, Maïwenn sacrifie la crédibilité des situations et n'aborde que superficiellement le quotidien des affaires. Deux reproches supplémentaires: le rôle de Maïween lui-même et l'histoire entre elle et Joey Starr (et son mari qui ne l'est pas): je n'aime pas (je ne supporte pas la manière complètement atone de jouer de Maïwenn) et surtout cela ne sert absolument à rien si ce n'est à perdre du temps et donc à éviter d'approfondir sur les dites affaires. Deuxième reproche: le chantage à l'émotion. Certaines scènes sont faciles: filmer un petit garçon qui hurle à la mort parce qu'on vient de le séparer de sa mère, alors que le film jouait d'une sorte de suspens là-dessus depuis plusieurs minutes, c'est facile. Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire, mais il y a manière de le faire. Et ajouté avec la superficialité de traitement des différentes affaires, on s'aperçoit que ce film est vraiment ce qu'il a été vendu: hype, mais anecdotique. J'ai eu sans arrêt l'impression que les critiques avaient aimé le sous-texte: Maïwenn qui se filme en train de prendre des photos, Maïwenn et Joey Starr, Joey Starr doux et affecteux (en lien avec ses propres affaires de violences), mais pas le film et ce qu'il nous montre (ou ne nous montre pas). Bilan, au final, malgré quelques très bonnes scènes, je n'ai pas aimé et je garde même une impression de colère contre ce produit (car c'est ce qu'il est).

-- Mathieu

Par Les boggans - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 09:01

http://www.decitre.fr/gi/16/9782505007616FS.gifPour un résumé du tome 1, voir mon compte rendu ici.

La mort de Mao sonne la fin de la révolution culturelle et l'entrée dans un nouvelle phase de l'identité communiste en Chine. Le père de Li revient enfin parmi les siens, après avoir passé plus de dix ans dans des camps de rééducation. Il est toujours aussi fier de son parti, et va même dès sa sortie de camp occuper une place importante dans les organes du parti (directeur général). Li rêve lui aussi d'entrer dans le parti, il est d'ailleurs repéré par certains pour ses talents de dessinateur, mais son passé et ses origines familiales lui ferment l'accès au parti (ses grands-parents étaient des propriétaires terriens). A force de courage et d'endurance, il parviendra à ses fins. Il faut dire que le parti a changé, et la Chine avec lui. Chacun suit maintenant les préceptes du camarade Deng Xiaoping, vaste mouvement de libération (de la pensée, de l'art en autre) qui va ouvrir la Chine au capitalisme.

Une bande dessinée toujours aussi intéressante à lire. D'une part par la qualité de sa narration et de ces dessins. D'autre part, par le point de vue qui y est adopté. L'auteur ne se cache pas de son appartenance au parti; du coup il livre une vision partisane mais néanmoins lucide de la Chine et du communisme. Le fait même que son père, alors qu'il sort de dix ans de redressement, ne renie pas son appartenance au parti est un choc pour tout lecteur occidental qui s'attendrait à cet instant à une remise en question du parti et de ses valeurs. Il n'en est rien. Alors on peut voir avec effroi ce qu'est le parti communiste chinois, ses membres et comment ses orientations sont choisies. La transition d'une Chine dirigée par Mao en retard économiquement, vers une Chine "libérée", qui va se jeter totalement dans le capitalisme est impressionnante.http://faguoren.unblog.fr/files/2010/05/parti.jpg

Par LN - Publié dans : Bandes dessinées
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 11:24

Début des années 70. L'agence des services secrets britanniques est sous le contrôle de six agents, communément connus sous le nom de Circus. Control, l'un de ses agents, soupçonne que le Circus a été infiltré par une taupe et que l'un de ses membres agit pour le compte de la Russie. Il envoie à Budapest Jim Prideaux pour rencontrer un homme qui lui révélera le nom de cette taupe. L'opération est un échec, Jim est tué sans avoir eu la précieuse information. Suite à cette malencontreuse affaire, Control est écarté de l'agence, il part en prenant avec lui un autre membre du Circus, Smiley. Après la mort de Control, Smiley est contacté par un proche du gouvernement qui lui aussi a eu l'information selon quoi une taupe serait infiltrée dans l'Agence (l'information émane d'un certain Ricki Tarr, qui était en opération à l'Est et qui depuis n'est plus réapparu à Londres). Il demande à Smiley de reprendre l'enquête, avec l'aide de Peter Guillam.

Pendant ce temps, deux autres agents du Circus - Percy Alleline et Bill Haydon - ont repris la main sur l'Agence. Ils prétendent avoir une taupe en Russie qui leur donne des informations en or sur les services secrets russes. Leur opération, appelée Witchcraft, obtient l'aval du gouvernement (ainsi qu'un supplément de ressources). Grisés par ce que leur apporte Witchcraft, les deux agents demande l'autorisation de contacter les services secrets américains pour organiser avec eux un échange: les informations de Witchcraft contre l'accès aux renseignements américains.

Un digne film d'espionnage. Même si la narration peut paraître un peu confuse, il suffit de suivre et de bien suivre pour remettre rapidement de l'ordre dans les gesticulations de Percy et de Bill et dans les froids mouvements de Smiley. L'intrigue est vraiment filmé à l'ancienne: pas d'effets de manche, pas d'explosions ou de tuerie toutes les minutes, mais du bon renseignement en bonne et due forme. On retrouve la lenteur caractéristique des films d'espionnage et cela fait plaisir. Les acteurs sont tous bons, avec une mention spéciale à Gary Oldman qui campe là un personnage plutôt terne et dépassé mais qui va finalement se révéler un enquêteur hors-pair. On pourrait attendre un twist final, mais cela n'est pas le propos du film. Basé sur un livre de John Le Carré et sur une histoire vraie, le film se conclut logiquement (presque trop logiquement pour certains visiblement) par l'arrestation de la taupe. Alors certes à l'image de son personnage principal, le film peut sembler terne et un peu vieillot. Mais il est plus proche de ce qu'est le renseignement qu'un Jason Bourne qui court partout. Un bon film comme on en voit plus malheureusement.

-- LN

http://1.bp.blogspot.com/-Zszr9QzUNjI/TlmdSLBpHRI/AAAAAAAAACw/ywp6JBvulcY/s1600/tinker-tailor-soldier-spy-poster.jpg

Je n'avais pas réalisé (ah, ah) que Tomas Alfredson était le réalisateur de Morse. On retrouve dans ce film son approche froide de la réalité alors qu'il aborde ici un tout autre type de film, le film d'espionnage qui est le film de genre par excellence. Pour avoir écouté les critiques du Cercle en parler hier, je suis étonné de voir que ces derniers convoquent James Bond et Bourne pour les comparer avec Tinker, Tailor, Soldier, Spy. Ce serait comme comparer Le Nom de la rose et... par exemple, Les Trois mousquetaires en prétextant qu'ils sont tous deux des films historiques. Evidemment, ils n'ont rien à voir: les franchises Bond et Bourne sont des films d'action; ici c'est un film d'atmosphère.

Or, cette atmosphère, Alfredson la met en place avec brio. L'une des meilleures scènes du film nous montre Benedict Cumberbatch (le Sherlock de la BBC, en blond cette fois) se rendant aux archives pour y subtiliser un document. Le montage alterné est vertigineux. Un truc formidable: la chanson qui passe en arrière-fond musical dans un lieu se retrouve, au final, par écoutes interposées, freudonnée par quelqu'un devant ce même Cumberbatch qui sait alors qu'il était effectivement sous écoute et que son plan a fonctionné, et le spectateur avec lui. L'utilisation de ce pont sonore est brillante.

L'intrigue m'a perdu à plusieurs reprises, mais le film distille une telle ambiance de paranoïa et de faux-semblants que cela ne m'a gêné outre mesure: j'avais envie de continuer, d'en savoir plus, de comprendre, de rester dans cet univers si particulier des services secrets britanniques du début des années 1970. Le film m'a donné envie de lire le roman de Le Carré à partir duquel il a été adapté, et même, j'ai déjà envie de le revoir, pour mieux comprendre sa mécanique. Et aussi pour ré-entendre Julio Iglesias chanter "La Mer".

-- Mathieu

Par Les boggans - Publié dans : Cinéma
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