Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 18:38

Ce film raconte l'histoire de Curtis, responsable de chantier, homme marié et père d'une fillette sourde. Depuis quelque temps le ciel l'inquiète le jour: des nuages menaçants se forment non loin de sa maison, de l'eau de pluie se transforme sous ses yeux en huile jaunâtre, les oiseaux mènent des danses inquiétantes. La nuit, il est la proie de cauchemars horribles: des hommes lui prennent sa fille et tente de l'étrangler, d'autres menacent d'attaquer sa maison. A chaque fois, il se réveille suffocant. Curtis pense alors qu'il devient fou, et que dans le même temps quelque chose de grave se profile à l'horizon. En nettoyant son jardin, il (re)découvre un ancien abri anti-tempête. Il décide alors de le restaurer, de l'agrandir et d'y stocker de la nourriture, le tout en contractant un emprunt sans en parler avec sa femme, Samantha. Samantha qui, quant à elle, se consacre à la future opération de sa fille et voit son mari sombrer peu à peu dans le silence.

Un film pas mal mais sans plus. Il a de grandes qualités: son scénario, sa réalisation (les scènes de cauchemars sont hallucinantes) et surtout le jeu de l'acteur interprétant Curtis, sorte d'homme monstre, harassé par ses visions et par son devoir d'y remédier. Mais il a aussi de gros défauts comme sa longueur (le rythme est lent et on s'ennuie quelque peu) et sa fin qui ne m'a pas convaincue et m'a donnée l'impression d'une pirouette finale bien inutile.

-- LN

http://www.cineheroes.net/chuploads/2011/09/take-shelter-photo-critique-2.jpg

Je suis globalement d'accord avec H. Le film vaut surtout pour sa réalisation, sa photographie (impeccable, avec un soupçon permanent de sur-réalisme très flippant, qui n'est pas sans rappeler Shyamalan à la bonne époque) et son propos du Zeitgeist actuel.

Mais, d'ailleurs, c'est sur ce dernier point que je suis plus déçu, à l'instar de H.: le film n'arrive pas à dire quelque chose là-dessus. L'hypothèse psychologique et héréditaire est passionnante; elle met au prise un individu avec un mal qu'il ne peut combattre, comme quelque chose d'inéluctable et dont les conséquences vont être encore aggravées par la société qui l'entoure qui ne peut supporter que quelqu'un ne soit pas normal. Mais le twist final rend caduque cette interprétation -- ou alors la pousse jusqu'à un paroxysme quelque peu nauséabond (la folie comme maladie contagieuse). L'hypothèse que seul lui est dans le vrai est tout aussi passionnante et un moment privilégiée, mais également détruite par le film lui-même. Au final, que reste-t-il? Pas grand chose. Que nous a dit ce film? On ne sait plus bien. Pourtant, de nombreuses scènes étaient de véritables réussites: les oiseaux, très hitchockiens, le pétage de plomb dans la salle des fêtes, une sorte de L'Homme qui murmurait... rencontre Shining. Mais tout s'évapore. Dommage. Cela aurait pu être un vrai chef d'oeuvre.

-- Mathieu

Par Les boggans - Publié dans : Cinéma
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 14:10

Le film reprend six mois après la "Purge", alors que la vampire Selena est toujours prisonnière des humains. Durant la "Purge", les humains ont décidé par peur des contaminations de tuer systématiquement tous les vampires et les loups-garou présents sur terre. Alors que 90% des vampires ont été tués lors de cette phase, Selena a été cryogénisée, son sang étant utilisé par des scientifiques pour créer un vaccin. Le film commence alors que Selena est libérée de sa capsule par un autre sujet cryogénisé, le sujet 2 (qu'elle suppose être Michael Corvin). Libre, Selena pense avoir des visions de lui, mais elle finit par découvrir que ses visions sont celle de sa fille, Eve, le fameux sujet 2 qui l'a libérée. Eve est une hybride recherchée par les humains et les loup-garous survivants. Selena décide de la protéger coûte que coûte.

Film impressionnant par son manque de dialogue et sa multitude de scène d'actions. Il ressemble en cela aux films porno qui généralement n'introduisent de dialogues que pour justifier la prochaine scène de cul. Là c'est le même principe, mais avec des scènes de bastons. Pour ceux qui voudraient voir ce film, pour entr'apercevoir Kate Beckinsale nue, c'est pas la peine. Un léger brouillard dissimule la belle quand elle sort de sa capsule. Sinon, elle est en costume de cuir pendant tout le film ce qui peut suffire pour certains (je ne vise personne en particulier). Pour le reste, le film n'avance pas, est hyper-prévisible et se termine sur un des pires cliffhanger de l'histoire des cliffhangers. Même pas un film du vendredi soir. Sinon, les vampires sont pas mal visuellement (en même temps, c'est pas dur); par contre les les loups-garou sont comme souvent très moches.

-- LN

http://www.filmsfix.com/wp-content/uploads/2011/11/underworld-4-poster-Kate-1.jpg

Boh, l'aut', hé. Comment elle est trop sévère! Ce que H. oublie de vous dire, c'est que, contrairement à moi, toujours consciencieux lorsqu'il s'agit de voir une daube, j'ai lu les résumés des films précédents sur IMDB avant de voir celui-ci afin de bien être au point sur l'intrigue. C'est ça le blogging professionnel.

Bon cela dit, l'analogie (sans vouloir faire de très mauvais jeux de mots) avec les films porno est en fait assez juste: une scène de dialogues qui sert à rien, une scène de combat (qui ne sert à rien non plus), une scène de dialogues, une scène de... Vous aurez compris.

Le développement d'un univers? Voyons, qui s'en soucie? Une intrigue qui tienne la route? Pourquoi faire? Le principe: filmer Kate Beckinsale en latex et en avant ma cocotte!

D'où la remarque d'H., pendant le film: "et quand je pense qu'elle a commencé en interprétant du Shakespeare..." Moi je dis, Michael Bay, il y a un filon là: des vampires qui poutrent des garous au Globe, non?

-- Mathieu

http://www.thefancarpet.com/uploaded_assets/images/gallery/805/Much_Ado_About_Nothing_9436_Medium.jpg

Par Les boggans - Publié dans : Cinéma
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 13:50

http://www.decitre.fr/gi/07/9780141036007FS.gifA la mort de Rosamond, sa nièce Gill découvre, dans la maison qu'elle entreprend de vider, des cassettes audio et un appareil d'enregistrement visiblement utilisé par la défunte juste avant sa mort. Curieuse, elle décide d'écouter ces enregistrements et découvre alors que Rosamond les avait dédiés à une certaine Imogen. Imogen ne fait pas partie de la famille, mais Gill se souvient de l'avoir vue une fois lors du cinquantième anniversaire de Rosamond. N'ayant jamais su quelles étaient les relations entre sa tante et Imogen, Gill parcourt l'ensemble des cassettes pour en savoir plus. Rosamond s'appuie dans ses enregistrements sur vingt photographies, qu'elle décrit consciencieusement à Imogen (la jeune fille est aveugle), vingt images qui retracent la rencontre entre Rosamond et Beatrix, la grand-mère d'Imogen, et leurs liens au fil du temps.

Un classicisme exagéré. On sent dès le départ à la fois comment va se structurer le livre (vingt chapitres pour vingt images) et que l'auteur nous ménage une révélation saississante à la fin. Le début du roman est d'une grande banalité, tant l'histoire d'une descendante revenant dans la maison d'une défunte pour y découvrir sa vie n'est pas nouveau. La révélation finale m'a fait l'effet d'un pchitt, et surtout l'espèce de moralité sous-entendue dans les dernières phrases du roman m'a presque révoltée: la grand-mère d'Imogen a commis un faux pas vis-à-vis de sa propre mère en laissant échapper un chien, motif qui revient en fin du roman, où Imogen sera tuée en voulant rattraper le sien. Mais c'est quoi l'intérêt et la morale de l'histoire? Faut pas essayer de rattraper ses chiens? Le livre est comparé aux travaux de Ian McEwan, on en est très très loin (et je parle même pas de ses derniers livres sur les relations entre science et littérature qui surpassent de très loin ce livre-ci). Reste que Jonathan Coe a une écriture plutôt sympathique, donc le livre se lit vite et s'oublie aussi rapidement.

Par LN - Publié dans : Littérature
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 17:45

Notre cher et apprécié Clint Eastwood (quoique depuis deux  ou trois films, on n'en peut plus de l'apprécier), s'attaque cette fois à une figure controversée de l'histoire américaine: J. Edgar Hoover. L'homme qui fonda le FBI et qui lui donna très probablement une orientation plus scientifique (enfin c'est ce que soutient le film). Le film, donc, fait des ponts entre les débuts du jeune Edgar dans les bureaux du ministère de la Justice et les dernières années de sa vie. Qu'apprend-on exactement? Eh bien par grand chose. On apprend, entres autres, qu'Egdar avait un père absent et une mère omniprésente et très ambitieuse pour son fils. Qu'Edgar était un bourreau de travail et qu'il croyait dur comme fer à sa vocation patriotique. Qu'Edgar avait des difficultés avec les femmes (il n'aime pas danser) sauf avec Helen, sa secrétaire qui ne vit comme lui que pour le travail  et qu'il était attiré par les hommes, et notamment par l'un de ses collaborateurs avec qui il aura une relation aussi platonique qu'éternelle (ils sont enterrés côté à côté à présent). Que grâce à Edgar, le FBI a acquis ses lettres de noblesses, faisant rêver de générations d'enfants là où avant lui, on vénérait les malfrats. Qu'Edgar aimait bien garder des dossiers secrets sur les présidents américains (ou sur leur entourage), mais qu'à sa mort ces dossiers ont disparu (la théorie du film veut que ce soit Helen qui les ait détruits en apprenant la mort de Hoover). Qu'Edgar est celui qui a retrouvé l'assassin du petit Lindbergh, histoire qui occupe la majeur partie du film (malgré le peu d'intérêt qu'elle présente historiquement).

Maintenant que manque-t-il? Un contexte historique: on est quand même à l'époque des civils rights, de l'assassinat de Kennedy et de Luther King, il aurait été intéressant que cette dimension historique intervienne autrement que par la seule présence d'Egdar à la fenêtre de son bureau regardant passer la voiture présidentielle. Une dimension politique: voilà un homme qui a fait admettre à ses concitoyens que la sécurité valait mieux que la liberté et qui a imposé le fichage des empreintes ou d'autres lois lui permettant de faire avancer le travail de la police pour la sécurité de la nation. A notre époque, son volontarisme sécuritaire pouvait trouver un écho. Une dimension mythologique: voir l'homme derrière la légende ou comment cet homme a bâti sa propre légende.

Que reste-il? De l'anecdotique, ce qui sur un sujet aussi foisonnant, est absolument insupportable. De la controverse, il ne reste que cette pseudo accusation sur le fait que Hoover n'ait jamais arrêté de malfrats de ses propres mains (ce qui pour un directeur du FBI parait plus que normal). De sa psychologie, une vague dimension religieuse et paranoïaque si peu exploitée qu'elle en devient inoffensive. D'où une question que l'on se pose au générique du film: comme Clint Eastwood a-t-il pu faire un film aussi ennuyant, aussi peu intéressant sur un sujet aussi polyvalent que J. Edgar Hoover? Mystère, mais sa non-réussite confine au miracle.

-- LN

http://www.filmosphere.com/wp-content/uploads/2011/12/J-edgar-affiche-300x399.jpg

Je ne reviens pas sur ce qu'a dit H. que je partage entièrement: faire un film sur un personnage historique si c'est pour évacuer la dimension historique parait pour les moins... étrange. Parlons de la forme à présent: là où Eastwood avait réussi à filmer quelque chose dans son dyptique sur la Seconde Guerre mondiale, ici son classicisme confine au formol. En effet, la photographie est terne et la seule originalité est ces images toujours empêtrées dans l'ombre. Mais c'est la seule chose qui tente de nous montrer la paranoïa grandissante de Hoover. Comme elle n'est jamais présentée dans le fond, on ne comprend ni même ne s'interroge sur cette paranoïa.

Autre problème: la musique du fiston est, à l'instar de Gran Torino, ennuyeuse. Appuyer sur une touche d'un piano toutes les 10 secondes n'est pas faire de la musique, pardon si je suis un peu cassant. C'est juste pénible, d'autant qu'elle est omniprésente. Enfin, si les maquillages ne m'ont pas choqué plus que cela, j'ai trouvé le jeu des comédiens lourd et peu convaincant.

Depuis quatre films, Eastwood ne sait plus ce qu'il veut, si ce n'est d'aligner les films. Il aurait dû se concentrer sur un projet, et le faire bien. Dommage.

-- Mathieu

Par Les boggans - Publié dans : Cinéma
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 09:29

http://www.manga-news.com/public/images/vols/ile-panorama-casterman.jpgHirosuké Hitomi est un écrivain raté, amateur d'Edgar Poe et qui rêve de construire un paradis terrestre à l'image d'une de ses nouvelles. Losqu'il apprend la mort de son ami d'enfance, Komoda, Horisuké sent son heure venir. En effet, Komoda et lui se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Komoda étant membre d'une famille riche, il ne sera pas incinéré comme le veut la coutume mais inhumé. Horisuké décide alors d'ouvrir le cercueil, de se débarrasser du corps de son ami et de prendre sa place pour faire croire à la "résurrection" de Komoda. Même s'il doit se méfier de la femme de Komoda, qui pourrait le démasquer tant elle le connaît plus intimement, Hirosuké met la main sur la fortune de Komoda et entreprend la construction de son paradis terrestre.

Cette bande dessinée traînait depuis longtemps dans ma bibliothèque. Je l'avais achetée à l'occasion du dernier festival Étonnants Voyageurs, à l'époque elle venait d'être rééditée et avait reçue le prix de l'Imaginaire 2011. Même si le dessin est magnifique et l'histoire passionnante, j'ai été assez déçue par sa lecture. Je m'attendais à un parallélisme plus important entre le monde réel et le monde fantasmé par Horisuké, il n'en est rien. Sur ce sujet, le film Paprika reste inégalé. De même, je m'attendais à des références plus poussées à Edgar Poe, or il n'est cité qu'au début de la bande dessinée et après il n'y a plus rien. Au final, une bande dessinée intéressante, mais pas transcendante.

http://www.total-manga.com/images/Article/FR-3-61455-B/l-ile-panorama.jpg

Par LN - Publié dans : Bandes dessinées
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